Par Benoît Hické, programmateur, concepteur de projets culturels et enseignant.
Claire Glorieux aime s’amuser avec les mots, les mélodies, les images. Et aussi avec les objets. Elle le fait très sérieusement. Au gré de performances, de confection de livres, de réalisation de films documentaires de création, de vidéos qui tiennent du funambulisme (sur le fil de la narration, de l’expérience, de la rencontre) mais aussi d’ateliers dans le champ social, elle s’attache aux petits détails du monde. Rassemblés à sa façon dans son cerveau-laboratoire, ces détails composent des phrases et des situations nouvelles. Artiste, elle parvient à insuffler dans ses œuvres son regard singulier sur un monde rempli d’archives potentielles. Réalisatrice, elle se joue avec une joie communicative de la peau des choses. Elle (re)tisse des liens en recomposant les données du réel, qu’elle tord dans tous les sens, jamais très loin d’un théâtre d’objets intimiste. Son parcours à l’École Nationale Supérieure des Beaux arts de Paris et au Fresnoy lui donne les clefs d’une grammaire visuelle joyeusement expérimentale. Pour paraphraser Serge Rezvani : Claire Glorieux a « plusieurs arcs à sa flèche ». Avec son film « Zou », elle a fait une entrée remarquée dans le champ du cinéma documentaire. Un sillon qu’elle creuse actuellement en travaillant sur une enquête familiale : un film qui part à la recherche d’une pellicule super 8 disparue.